Qui qu’est gueux,
C’est-y nous
Ou bien ceux qu’ont les sous !
Jean Richepin
1Vous attendez la délivrance ?Oui, attendez vos sacrés droits.Gueux de la prochaine vengeanceIl faut adoucir les bourgeois.Ô doux bonheur, ô espérance !Fi, alors, aux airs miséreux !Que sen vont les loups en démence !C’est nous le bataillon des gueux.2Eux, ils vivent dans l’opulence :Nous rongeons le bout de nos doigts :Ils boivent notre sang, je penseQu’ils sont trop fiers et trop sournois.Finissons-en, ô insolence !— On ne rit pas des malheureux —Notre lutte ira à outrance !C’est nous le bataillon des gueux.3Dans d’ignobles trous vit l’enfanceÔ charmants rires, beaux minois !Hurlez-nous, chéris, l’alliancePar dessus les poteaux, les toits.Enfants, chantez-nous la romanceDe l’avenir des crapuleux.Ô tocsin, airain d’abondance !C’est nous le bataillon des gueux.(envoi)Amis, le riches se balanceDans le grand hamac des galeux.Prenons assaut avec la lanceC’est nous le bataillon des gueux
Bruxelles, 17 décembre 1894.